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La violence et les armes n’ont pas leur place dans nos lycées !

samedi 15 novembre 2025, par CGT Éduc’action 76

La CGT Éduc’action 94 dénonce les graves dysfonctionnements qui ont eu lieu jeudi 6 novembre au sein du Lycée Professionnel Jules Michelet de Fontenay-sous-Bois dans le cadre d’un « Rallye citoyen ». Notre organisation syndicale a alerté le recteur le jour même et lui a demandé de faire intervenir la cellule d’écoute sur l’établissement.
Les « rallyes citoyens » se déploient depuis plusieurs années dans l’ensemble des académies. Il associe Éducation Nationale, préfectures et métiers de la défense (police, armée, agents pénitentiaires…). En se cachant sous des prétextes tels que « mémoire », « ordre public » ou « découverte des métiers », ces journées sont l’occasion de mettre en avant une idéologie réactionnaire et militariste. La CGT Éduc’action 94 dénonce l’ingérence des ministères des Armées et de l’Intérieur dans les établissements scolaires. À l’instar du SNU, ce projet s’inscrit dans l’idée que seuls un pouvoir fort et des dogmes autoritaires pourraient remettre en place les idées d’une jeunesse que la droite et l’extrême-droite voudraient présenter comme sans boussole ni valeurs. Cette valorisation de la force physique et armée sont aux antipodes du modèle émancipateur porté par notre organisation syndicale pour l’éducation.
Nous condamnons en particulier les ateliers mettant en scène les élèves comme des « détenus » devant se confronter aux agents pénitentiaires de Fresnes. Ils sont spécifiquement choquants et ils mettent en danger les élèves et les personnels. Plusieurs mineurs ont été blessés et des collègues ont été très choqué-es. Faire des pompes et les multiplier en cas d’échec, utiliser un faux FAMAS laser pour apprendre à tirer, asséner des coups de matraque et de poing dans des boucliers portés par des élèves : comment le ministère de l’Éducation Nationale peut-il accepter de telles dérives ?
Suite à notre signalement, une enquête administrative a été ouverte par le Recteur. En tant qu’organisation syndicale, la CGT Éduc’action 94 exige :
• Que la cellule d’écoute psychologique intervienne aussi longtemps que nécessaire afin d’accueillir la parole des élèves et des personnels, bien légitimement atteint-es ;
• Que les familles soient informées de ces incidents et que le numéro de la cellule d’écoute leur soit communiqué ;
• Qu’un travail pédagogique de déconstruction des idées virilistes, sexistes et violentes, véhiculées par les militaires et les agents de la pénitentiaire soit mené auprès des élèves, par des intervenant.e.s véritablement qualifié-es ;
• Que ces ateliers n’aient plus lieu à l’avenir et, si certains sont déjà programmés, qu’ils soient annulés immédiatement.
Nous renouvelons notre soutien aux collègues, élèves et familles choqué-es par ces évènements. Nous nous engageons à les soutenir pleinement dans les jours et les semaines qui viennent.
Communiqué de la CGT Educ’action 94 du 11 novembre 2025