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La grève historique dans la Communauté Valencienne

mercredi 10 juin 2026, par CGT Éduc’Action 76

La grève illimitée des enseignants de l’école publique est entrée dans sa cinquième semaine consécutive, après avoir débuté le lundi 11 mai 2026. Le mouvement s’est récemment durci lors d’une manifestation le 31 mai à Valence, marquée par un acte de violence policière. Une enseignante retraitée de 68 ans a été violemment poussée au sol par un agent anti-émeute, lui causant une fracture du nez et des points de suture au menton, ce qui a mené à l’ouverture d’un dossier disciplinaire contre le policier.

Les syndicats ont présenté une feuille de route conjointe de 40 mesures réparties en 8 blocs. Face à cela, le ministère de l’Éducation a proposé une hausse salariale de 1 050 € bruts annuels (75 € par mois), une offre rejetée de manière quasi unanime par les syndicats. Si un compromis est trouvé, il sera soumis au vote des personnels selon le principe « un enseignant, une voix ».
Les principales revendications des enseignants valenciens

  • Les demandes des syndicats sont échelonnées sur plusieurs échéances :
  • Mesures d’application urgente
  • Remplacements : Remplacement immédiat de tous les enseignants en congé.
  • Infrastructures : Reconstruction prioritaire des établissements touchés par la DANA (inondations de 2024).
  • Examens : Paiement obligatoire des indemnités aux jurys de concours dès septembre 2026, sous peine de bloquer le début des épreuves.
  • Pour la rentrée de septembre 2026
  • Salaires : Récupération progressive des 20 % de pouvoir d’achat perdus depuis 2010 (environ 500 €/mois), indexation annuelle des salaires sur l’inflation (IPC) et récupération intégrale de la prime de Noël.
  • Ratios d’élèves (Phase 1) : Maximum de 15 élèves par classe en maternelle et premier cycle du primaire, réduction des ratios en formation professionnelle (FP) et maximum de 8 élèves dans les classes d’inclusion UECO.
  • Conditions de travail : Rétablissement de l’Accord sur les Effectifs de 2023 (création de 2 000 postes), réduction de la semaine de travail à 35 heures (objectif de 32 heures à terme) et baisse des heures de cours directes (18h en primaire, 15h en secondaire).
  • Bureaucratie : Plan de simplification des procédures administratives.

Pour la rentrée 2027-2028 et au-delà

  • Ratios d’élèves (Phase 2) : Extension de la baisse des ratios au reste du primaire, au collège et au lycée (maximum 20 élèves par classe).
  • Droits sociaux et santé : Alignement sur les autres fonctionnaires pour l’obtention de jours de congé pour convenance personnelle ("jours moscosos"). Création d’un plan de choc pour la santé mentale (burnout, stress). Maintien du plein traitement salarial pendant les congés maladie.
  • Langue et culture : Nouveau modèle linguistique plurilingue avec le valencien comme langue de cohésion, et retrait immédiat des restrictions visant les auteurs catalans et baléares dans les programmes du lycée.

Contagion du mouvement et crise thermique à Madrid

Inspirées par Valence, les écoles de Madrid se préparent à leur tour à reproduire cette grève historique.
Au-delà des revendications sur la petite enfance, la communauté éducative madrilène alerte sur l’absence de climatisation face à l’arrivée d’un été anticipé cette année. Les syndicats (UGT et CCOO) et l’opposition (PSOE) dénoncent le fait que les températures dans plusieurs classes dépassent déjà la limite légale de 27 degrés.
Le Parti Populaire (PP), au pouvoir dans la région de Madrid, a voté contre des lignes budgétaires spéciales pour anticiper cette situation. Les syndicats regrettent que les plans de la région ne prévoient que des mesures à long terme qui ne résoudront rien pour l’année en cours ni la prochaine. Ils estiment qu’au rythme actuel des investissements du gouvernement régional (dirigé par Ayuso), il faudrait 50 ans pour climatiser l’ensemble des établissements de la capitale.

Le mouvement n’en est pas à sa fin.

Les enseignants s’organisent pour faire grève dans toute l’Espagne en septembre, à l’occasion de la rentrée scolaire. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la bousculade par-derrière d’un policier sur une enseignante retraitée qui manifestait dimanche pour l’école publique à Valence. Mais d’autres raisons s’y ajoutent : l’augmentation de la charge bureaucratique, le manque de ressources pour s’occuper des élèves ayant des besoins d’apprentissage spécifiques, l’excès de travailleurs intérimaires (contractuels), la perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation et une « paralysie » du ministère de l’Éducation pratiquement depuis le début de la législature. « Le gouvernement et les communautés autonomes punissent les enseignants en les privant de ressources » est le slogan qui résume leur mécontentement. Après les protestations dans la Communauté valencienne, en Catalogne, à Madrid et en Aragon, le « malaise » face au « chaos professionnel » et à « l’abandon de l’école publique » s’est étendu à tout le pays.